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Un modèle de bail commercial doit permettre de comprendre qui loue quoi, pour quelle activité, à quel prix et selon quelles conditions de sortie. Remplir les noms et le loyer ne suffit pas : les clauses et les annexes doivent correspondre au local et au projet.
Le terme « commercial » ne désigne pas toute location à une entreprise. Le statut dépend notamment du local, du fonds exploité et des conditions d’immatriculation. Source : Service Public — contrat de bail commercial. Pour une activité libérale, le bail professionnel est généralement le point de départ ; une soumission volontaire au statut commercial reste possible par accord. Source : Service Public — bail professionnel.
Cette grille présente les points à examiner au regard des règles vérifiées au 29 septembre 2026. Elle sert à préparer ou relire un contrat ; les exemples sont des repères de rédaction, à adapter au dossier.
Commencer par le bon contrat
Décrivez d’abord votre besoin : boutique ouverte au public, atelier, cabinet ou simple adresse administrative. La location d’un espace d’exploitation et le choix d’une adresse de siège répondent à des questions différentes. Pour préparer cette réflexion, consultez notre guide des alternatives au siège social traditionnel à Paris.
Un bail professionnel concerne principalement les activités non commerciales, notamment libérales, et sa durée minimale est de six ans. Il ne faut donc pas reprendre ses clauses de durée et de départ dans un bail commercial sans examen. Source : Service Public — bail professionnel.
Une trame de bail commercial en huit rubriques
Utilisez le tableau comme une fiche de préparation : pour chaque rubrique, rassemblez l’information disponible et notez les questions à résoudre. Les mentions relatives aux parties, aux locaux et à l’activité sont décrites dans la Service Public — contrat de bail commercial ; les clauses financières et de sortie sont détaillées ci-dessous.
| Rubrique | Informations à préparer | Question à poser |
|---|---|---|
| Parties et signature | Identité des parties, coordonnées, qualité du signataire | Qui sera réellement titulaire du contrat ? |
| Locaux | Adresse, espaces, dépendances, accès et plans utiles | La réserve visitée est-elle comprise ? |
| Activité | Activité principale et usages complémentaires envisagés | Le projet décrit correspond-il à l’activité prévue ? |
| Calendrier | Prise d’effet, durée et échéances | Les dates concordent-elles dans toutes les pages ? |
| Loyer | Montant, échéances, révision et traitement fiscal à vérifier | Quel budget faut-il prévoir au démarrage ? |
| Garanties | Dépôt éventuel et autres engagements demandés | Quelles sommes ou garanties sont immobilisées ? |
| Charges et travaux | Inventaire, répartition et pièces justificatives | Qui prend en charge chaque poste identifié ? |
| Évolution et sortie | Cession, fin du bail, restitution et annexes | Quelles clauses nécessitent une explication ? |
Exemple de fiche à compléter avant rédaction
Locaux envisagés : [adresse et espaces visités]. Projet : [activité et besoins matériels]. Calendrier souhaité : [remise des clés, aménagement, ouverture]. Budget à comparer : [loyer, charges, travaux, garanties]. Questions restant ouvertes : [points à négocier ou à vérifier]. Cette fiche organise les échanges ; elle ne constitue pas un bail prêt à signer.
Durée, activité et départ : éviter les clauses copiées sans adaptation
Comprendre le « 3/6/9 »
Le bail commercial relevant du statut dure au moins neuf ans. Le locataire bénéficie en principe d’une sortie à chaque échéance triennale. Des clauses contraires sont admises pour certaines catégories, notamment les baux de plus de neuf ans, les locaux monovalents, les bureaux exclusifs et certains locaux de stockage. Il faut vérifier la catégorie et le texte de la clause. Source : Code de commerce — L. 145-4 à L. 145-7-1.
Dans votre relecture, placez côte à côte la date de signature, la prise d’effet et la remise des clés. Ne supposez pas qu’elles coïncident. Demandez une explication écrite de toute différence avant d’inscrire les échéances dans votre agenda.
Décrire l’activité réellement envisagée
La clause de destination précise les activités autorisées. Une évolution peut relever d’une procédure de déspécialisation. Source : Service Public — contrat de bail commercial. Exemple pratique : pour un projet de boutique avec un espace d’atelier, mentionnez les deux usages dans vos échanges au lieu de vous contenter du mot « commerce ».
Loyer et garanties : vérifier les clauses à jour
Un montant lisible et une révision identifiable
Le contrat doit rendre lisibles le montant, la périodicité et la révision du loyer. Distinguez révision légale triennale et indexation contractuelle : la première n’est pas automatique. Depuis le 28 mai 2026, un locataire à jour des loyers et charges peut demander la mensualisation pour les commerces de détail ou de gros et les prestations commerciales ou artisanales concernés ; les sommes déjà contestées font l’objet d’une réserve. Ce droit ne s’applique pas aux bureaux ou entrepôts. Source : Service Public — fixation et révision du loyer.
Pour comparer deux projets, préparez une colonne « à la signature » et une colonne « pendant l’exploitation ». Demandez les précisions manquantes sur la taxe applicable, les provisions et les éventuelles franchises ; un loyer annoncé seul ne permet pas de comparer les budgets.
Le dépôt n’est pas obligatoire et son régime dépend du bail
Un dépôt peut être convenu, mais il n’est pas imposé dans tous les contrats. Pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 28 mai 2026 concernant les activités commerciales ou artisanales visées, le plafond correspond à un trimestre de loyer et couvre aussi les autres garanties demandées. Les bureaux et entrepôts sont exclus de ce nouveau plafonnement. Source : Service Public — dépôt de garantie.
Faites préciser la nature de chaque garantie et les conditions de restitution. La fiche officielle détaille également les nouvelles règles de restitution et leur application aux baux en cours. Un ancien modèle ne doit donc pas être repris sur la seule foi de sa date de téléchargement. Source : Service Public — dépôt de garantie.
Vous relisez une clause financière ? Comparez-la à la fiche administrative avant d’arrêter les montants et les modalités.
Charges et travaux : préciser la répartition
Le bail ou une annexe doit comporter un inventaire précis et limitatif des charges, taxes et redevances avec leur répartition. Les travaux prévus pour les trois années suivantes et ceux réalisés au cours des trois années précédentes doivent aussi faire l’objet d’informations. Source : Service Public — charges et travaux.
Les grosses réparations visées par l’article 606 du Code civil et certains travaux de vétusté ou de conformité qui en relèvent ne peuvent pas être transférés au locataire dans les contrats soumis au régime de l’article R. 145-35. Les honoraires de gestion des loyers du bailleur et les charges d’autres locataires sont également exclus. La taxe foncière peut, à l’inverse, faire l’objet d’une imputation contractuelle. Source : Code de commerce — R. 145-35 à R. 145-37.
Pour un local à aménager, demandez un tableau séparant entretien, aménagement initial et travaux sur le bâtiment. Faites préciser les interventions prévues avant l’ouverture, leur financement et leur calendrier. Une formule générale sur « tous travaux » ne permet pas de comprendre le budget réel.

Quelles annexes réunir ?
L’état des lieux et les pièces financières
À la prise de possession, un état des lieux contradictoire est établi par les parties ou leur mandataire. Il est joint au contrat ou conservé par chacune des parties. À défaut d’accord pour le réaliser, un commissaire de justice intervient à frais partagés par moitié. Source : Code de commerce — L. 145-40-1, version en vigueur depuis le 20 juin 2014. Préparez la visite pièce par pièce et distinguez les équipements présents de ceux que vous envisagez d’installer.
Classez à côté les informations sur les charges et travaux. L’inventaire doit permettre d’identifier qui supporte chaque catégorie ; une simple provision mensuelle n’explique pas à elle seule la répartition. Source : Service Public — charges et travaux.
Les diagnostics et documents environnementaux applicables
- DPE : à joindre lorsque le local entre dans son champ ; certaines catégories de bâtiments sont exemptées. Source : Service Public — contrat de bail commercial.
- État des risques : nécessaire dans les secteurs concernés, remis dès la première visite lorsqu’elle a lieu puis annexé au bail. Il doit dater de moins de six mois et être actualisé si les informations ont changé. Source : Service Public — état des risques.
- Annexe environnementale : obligatoire pour les baux de locaux de plus de 2 000 m² à usage de bureaux ou de commerces. Source : Code de l’environnement — L. 125-9.
- Énergie tertiaire : si l’ensemble concerné relève du dispositif Éco Énergie Tertiaire, vérifiez les obligations et l’attestation annuelle issue d’OPERAT. Le périmètre peut dépasser le seul lot loué. Source : Service Public — énergie des bâtiments tertiaires.
Établissez une liste « reçu / à demander / non applicable avec explication ». Vérifiez l’adresse, les surfaces concernées et la cohérence des pièces. Un document portant le bon titre mais concernant un autre lot ne répond pas à votre besoin de vérification.
Cession, renouvellement et résiliation : préparer aussi la suite
La cession du bail seul peut être interdite ou encadrée par le contrat. La vente du fonds de commerce obéit à un régime différent : le bailleur ne peut pas interdire de façon générale la transmission du bail à l’acquéreur du fonds, mais des conditions contractuelles peuvent encadrer l’opération. Source : Service Public — cession du bail.
Pour la sortie triennale du locataire, le préavis est en principe d’au moins six mois, avec recommandé avec avis de réception ou acte de commissaire de justice. Les autres situations ont leurs règles propres. Une clause résolutoire n’autorise pas à traiter toute difficulté comme un départ immédiat. Source : Service Public — résiliation du bail.
Enfin, l’absence de démarche au terme peut conduire à une prolongation tacite, distincte d’un renouvellement. Le modèle doit éviter de présenter une reconduction automatique de neuf ans comme une règle générale. Source : Service Public — renouvellement et prolongation.
Organiser la relecture avant signature
- Qualifier la location : Identifier l’activité et le régime adapté au local.
- Décrire le projet : Rassembler les informations sur les parties, les espaces et les usages prévus.
- Chiffrer les engagements : Comparer loyer, charges, garanties et travaux.
- Réunir les annexes : Pointer chaque pièce applicable et vérifier sa cohérence avec le local.
- Relire avant signature : Résoudre les contradictions et faire examiner les clauses sensibles.
Si le projet implique aussi un changement de siège, prévoyez un budget distinct à l’aide de notre guide du coût du transfert de siège social et des annonces légales liées au transfert. Pour préparer un accompagnement sur les formalités de société, consultez les tarifs de modification des statuts.
Votre besoin porte surtout sur l’adresse administrative ? Examinez les services de domiciliation avant de comparer les engagements liés à un local d’exploitation.
FAQ : utiliser un modèle de bail commercial
Un modèle gratuit suffit-il pour signer ?
Il peut servir de base de travail. Vérifiez surtout que le régime, les clauses et les annexes correspondent au projet. Un prix nul ne renseigne pas sur la qualité ni sur l’actualité du document.
Le bail commercial doit-il forcément être écrit ?
Un bail verbal est possible, mais un écrit facilite la preuve et la remise des informations. Certains cas nécessitent un notaire, notamment une durée supérieure à douze ans ou un bail concernant un débit de boissons. Source : Service Public — contrat de bail commercial.
Le dépôt est-il toujours limité à trois mois ?
Non. Le nouveau plafond dépend de la date de conclusion ou de renouvellement et de l’activité concernée ; il ne doit pas être généralisé aux bureaux et entrepôts. Source : Service Public — dépôt de garantie.
Le locataire doit-il payer tous les travaux ?
Non. La clause doit respecter les dépenses non transférables, notamment les grosses réparations visées par le texte et les travaux de conformité qui en relèvent. Source : Code de commerce — R. 145-35 à R. 145-37.
Faut-il joindre un état des risques à tous les baux ?
L’obligation dépend de la localisation dans les secteurs concernés. Contrôlez la situation du bien, la date du document et l’actualité des informations avant signature. Source : Service Public — état des risques.
Le bail se renouvelle-t-il automatiquement après neuf ans ?
Sans congé ni demande de renouvellement, il peut se poursuivre par prolongation tacite. Cette continuation ne constitue pas, à elle seule, un nouveau bail de neuf ans. Source : Service Public — renouvellement et prolongation.
Comment préparer une demande de relecture ?
Réunissez le projet complet, les annexes reçues, les plans et votre liste de questions. Signalez les travaux envisagés, les garanties demandées et les passages incompris. Demandez un devis précisant le périmètre de l’examen.
Un contrat cohérent avec le projet
La bonne préparation consiste à relier chaque clause à une question concrète : activité, budget, travaux, garanties ou départ. Faites clarifier les points incertains avant signature et demandez une relecture adaptée lorsque le dossier présente des enjeux particuliers.
Sources officielles
Sources consultées le 29 septembre 2026 ; les fiches sur le loyer, les garanties et la résiliation intègrent les évolutions de mai 2026.
- Service Public — contrat de bail commercial
- Service Public — bail professionnel
- Code de commerce — L. 145-4 à L. 145-7-1
- Service Public — fixation et révision du loyer
- Service Public — dépôt de garantie
- Service Public — charges et travaux
- Code de commerce — R. 145-35 à R. 145-37
- Code de commerce — L. 145-40-1, version en vigueur depuis le 20 juin 2014
- Service Public — état des risques
- Service Public — énergie des bâtiments tertiaires
- Code de l’environnement — L. 125-9
- Service Public — cession du bail
- Service Public — résiliation du bail
- Service Public — renouvellement et prolongation
